La légende de Georgetown

February 20, 2018

Bien avant notre départ, lorsque les gens nous parlaient de leur expérience aux Bahamas, Georgetown avait très souvent été un des points marquants. Je ne peux pas compter le nombre de fois où les gens nous disaient que les rassemblements d’enfants que nous recherchons se passent à Georgetown, que la pièce que l’on cherche sera disponible à Georgetown, qu’enfin il y aura des fruits et légumes en quantité à Georgetown… Tellement que l’on s’en était fait une image d’un cirque peu attirant.

Notre histoire de Georgetown à nous a commencé le 15 février alors que la météo nous a permis de faire la distance qui la sépare de Galliot Cay. Une belle journée au près serré à 20 nœuds de vent. Et oui, avec les conditions de l’hiver 2018, c’était ça la meilleure météo. Dans ce secteur des Bahamas, le cordon d’iles est plutôt orienté vers l’est que vers le sud. On se trouve donc plus ou moins toujours à combattre les Alizés, qui soufflent de l’est, dès qu’on progresse vers le « sud ». Comme notre équipage est assez sensible au mal de mer, notre arrivée à Georgetown a été finalement un soulagement pour certains membres.

La baie de Georgetown est très vaste. En fait ce n’est pas vraiment une baie mais un corridor entre deux bandes de terres. Il y a donc beaucoup de place pour l’ancrage et on y a trouvé des rassemblements de voiliers comme nous n’en avions pas vu ailleurs dans notre voyage, principalement à volleyball beach. Le plus important pour nous est que l’on y a retrouvé au même endroit et au même moment tous nos bateaux amis que nous avons rencontré sur notre chemin.

Pour plusieurs voyageurs à voile c’est ici que le voyage amorce sa phase de retour. Une majorité des gens qui sont ici (certains pour une 10ème fois ou plus) ne sont jamais allé plus loin que Georgetown. Pour nous, le questionnement était toujours entier : poursuivre ou non vers la République Dominicaine ? Cuba ? L’idée de visiter des pays latino gorgés de cultures différentes, de fruits tropicaux et chantant l’espagnol nous tente au plus haut point. Est-ce que le bateau est prêt pour le faire ? Absolument ! Est-ce qu’on a le temps de le faire ? On peut s’arranger sans problème. Est-ce que l’équipage est prêt à le faire ??? Ouf… Progresser vers la mer des Caraïbes ici veut dire quitter les chapelets d’iles et la protection des bancs, des navigations plus longues en mer, exposés aux vents et aux courants défavorables, des navigations de nuits pour éviter les plus gros coups de vent. D’autant plus qu’au dire de tous les navigateurs d’expérience rencontrés, les journées de 25, 30, 35 nœuds de vents établis sont rendues la règle plutôt que l’exception dans notre ère de changements climatiques. Je vous ai dis que nous avions eu 4 personnes sur 6 malades à bord pendant notre navigation Galliot Cay / Georgetown ? Et bien pour nous, la logique prend le dessus sur l’envie ici. On s’en tiendra au plan d’origine soit un an à visiter les Bahamas.

Quant à eux, nos bateaux amis ont tous des histoires et des ambitions différentes. Certains sont partis pour deux ou trois ans, certains ne font qu’un aller simple avec leur bateau, certains rêvent d’océan Pacifique, etc… Par contre, peu importe le plan de match, tous ont la même appréhension par rapport aux prochaines étapes de navigation. Hier, une conférence a été organisée sur la plage pour discuter de ce qu’implique rejoindre la République Dominicaine à voile. On en voit même plusieurs qui tournent les talons ici et changent leurs plans. Finalement, c’est probablement plus pour ça que Georgetown est si marquant pour beaucoup de gens. C’est l’endroit où on ne peut plus repousser nos questionnements et où certains doivent abandonner le rêve idyllique de naviguer vers les Iles Vierges, la Martinique, etc.

À bord de Going Knots, l’ambiance n’est pas à l’échec, loin de là. On est même un peu fier de se dire que notre coté réaliste tient bon. On m'a demandé hier quel était notre plan? J'ai répondu tout bonnement que c'était de passer un an en famille sur notre bateau et que c'est en plein ce qu'on est en train de faire... On disait même avant notre départ que si ça nous menait seulement en Floride ce serait déjà bien correct. Finalement, peu importe où notre chemin nous mène, il y a toujours un "plus loin". Aujourd’hui on est dans un endroit superbe avec plusieurs amis (dont on devra probablement nous séparer bientôt) et tout notre temps alors profitons-en ! J’ai même eu la chance de passer mon 40ème anniversaire sur une plage à partager des gâteaux et un petit verre par-ci par-là.  C’est une belle place pour commencer sa « crise » de la quarantaine, non ? On aurait voulu organiser un rassemblement comme ça qu’on n’aurait pas été capables.

En fin de compte, on profite du temps qu’il nous reste avant que notre flottille ne se disloque. Les enfants s’amusent sous le soleil et, lorsqu’on devra se souhaiter bon voyage, on remettra tranquillement le cap vers la maison !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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